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Les chercheurs en matière d’enseignement assisté par ordinateur s’accordent généralement pour considérer que l’ordinateur, employé parallèlement et/ou complémentairement à l’apprentissage normal, est un outil qui se révèle performant particulièrement pour assurer des automatismes de base pour autant, bien entendu, que cette recherche se fonde sur une étude scientifique du contenu à programmer et des moyens à mettre en œuvre et que les processus d’enseignement / apprentissage optimalisent les stratégies d’individualisation et favorisent l’interactivité pour aider l’apprenant à devenir le principal acteur de sa propre formation.
L’utilité d’avoir recours à l’ordinateur se justifie pour deux raisons majeures.
D’une part, le média informatique se révèle efficace pour faire acquérir des connaissances instrumentales (un noyau très ferme de notions et de techniques de base) et pour développer des attitudes plus responsables chez des élèves en difficulté d’apprentissage. Or, le contenu de l’enseignement orthographique se prête bien à une analyse séquentielle et hiérarchisée, donc à une organisation de l’apprentissage sous forme de tâches de difficulté croissante pour des exercices de " drill and practice " se fondant sur une démarche d’appropriation de la matière par un sujet apprenant.
D’autre part, le média ordinateur offre d’appréciables ressources pour répondre au coup par coup à des besoins spécifiques dans une perspective d’individualisation de l’enseignement, de remédiations et de rattrapages personnalisés. Il peut garder les performances en mémoire, gérer le travail de l’élève (le guider en fonction de ses erreurs, vérifier et évaluer ses connaissances) et optimaliser les stratégies pédagogiques mises en œuvre par le maître. Il peut même, en sollicitant constamment l’apprenant et répondant par des feedbacks appropriés, entraîner une participation plus active, plus volontaire, plus directe de l’élève et renforcer sa motivation grâce à l’aspect ludique de la machine, l’objectivité et la rapidité des réponses et des corrections.
Deux remarques s’imposent néanmoins dans l’utilisation du média informatique pour l’apprentissage et le développement d’une compétence en matière orthographique.
Cet entraînement à l’acquisition de l’orthographe ne peut être détaché d’une réalité fondamentale, à savoir, son caractère fonctionnel. L’orthographe, dans l’esprit d’une pédagogie de la communication, n’est qu’un simple outil au service de l’expression correcte de la pensée. Les exercices programmés dans le cadre de cet enseignement assisté par ordinateur ne doivent donc être considérés que comme complémentaires à une action pédagogique plus large et plus globale fondée sur l’expression spontanée de l’enfant. Ils n’ont de sens que s’ils constituent un élément d’une politique plus globale de rencontre et d’utilisation de l’écrit dans de réelles activités de communication.
Un référentiel de 4.000 mots (avec éventuellement des formes fléchies) constitue pour l’ensemble des 7 didacticiels le modèle à l’intérieur duquel se situe l’activité de l’apprenant. Dès lors, des contraintes méthodologiques s’imposent, notamment une progression par étapes bien définies de telle sorte qu’à aucun moment l’utilisateur ne puisse se trouver confronté à des mots ne correspondant pas à ses réelles capacités de compréhension des mots et d’absorption de la matière.
Cet apprentissage rationnel, progressif et ordonné des mots du corpus de base canalise l’activité de l’apprenant dans des circuits préétablis. Il importe donc de souligner cet aspect contraignant afin que soient clairement définis les objectifs poursuivis. Quiconque évaluera cette étude indépendamment du cadre que nous nous sommes imposé s’exposera si pas à l’erreur, du moins à un malentendu.
Quelle que soit la spécificité, la qualité, la pertinence des exercices programmés, cet entraînement, spécialement pour tout élève en difficulté, apparaît comme un passage facilitateur où il s’agit d’exercer savoir-faire et habilité afin d’intérioriser des pratiques orthographiques. Pour atteindre cet objectif, des situations plus ou moins artificielles ont dû être créées, il importe d’informer tout utilisateur de cette nécessité et de l’obligation de réinvestir les acquis dans de réelles situations de communication écrite.
Pour conclure sur ce point, tous les problèmes informatiques ne pouvant se prêter à un traitement informatique précis et rigoureux (activités de créativité et de découverte par exemple), nous avons volontairement sélectionné ceux qui nous paraissaient les plus susceptibles d’être efficacement pris en charge par l’ordinateur, à savoir : l’acquisition d’un noyau de connaissances " instrumentales " par des techniques de reconstruction guidée les plus individualisées possibles.
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