Conclusions
Depuis que notre programme V.B.R. est utilisé, nous avons toujours été frappés et encouragés par l’enthousiasme des élèves à y travailler, de leur persévérance et de leur volonté à faire mieux, ce qui dans la plupart des cas s’est effectivement produit. Tous progressent et davantage encore ceux qui en ont le plus besoin. Les erreurs, les approximations ayant été comprises, acceptées et utilisées comme un moyen pour progresser, toute l’activité orthographique s’en est trouvée dédramatisée. Certains même demandaient à recommencer en vue de s’améliorer comme pour un jeu où plus on joue, plus on a de chances de mieux contrôler l’activité, donc de gagner.
Les élèves progressent également sur le plan psycho-affectif. Leur orthographe s’améliorant, ils deviennent plus motivés, plus confiants, plus volontaires et les perturbations psychologiques et angoissantes qui bloquaient leur désir d’apprendre sont évacuées. Dès lors, ils peuvent même envisager d’utiliser leurs acquis dans de réelles situations de communication écrite. Ils sont devenus plus conscients de leurs compétences, plus responsables, plus autonomes.
Avec V.B.R., on peut s’apprendre l’orthographe d’usage seul sans maître ni leçons pour autant que la motivation soit suffisante et que les manquements inévitables soient considérés comme normaux. Grâce à la valorisation des efforts, l’accent étant mis sur les progrès accomplis, V.B.R. aide l’apprenant à se prendre en charge lui-même, l’acquisition de l’orthographe d’usage devenant un enjeu sur lequel il peut agir. Si la précaution est prise d’instaurer à certains moments un temps de réflexion sur le travail accompli où maître et élève par exemple pourront échanger leurs impressions sur l’utilisation du V.B.R., cela ne pourra que responsabiliser davantage l’apprenant et stimuler ses démarches d’autoquestionnement.
En ce qui concerne les productions écrites spontanées de l’enfant, rappelons que si elles doivent également faire l’objet de notre attention, elles ne peuvent suffire à elles seules car elles ne permettent pas de pouvoir disposer d’échantillons suffisamment importants et pertinents de toutes les situations représentatives de l’environnement du sujet …. C’est pourquoi se référer à un vocabulaire de base s’impose.
Rappelons-le, V.B.R. , un moyen au service d’une fin, vise principalement à aider l’apprenant à devenir plus autonome dans son apprentissage de l’orthographe d’usage (de la reproduction consciente à la construction) afin qu’il puisse réutiliser spontanément ses acquis dans des situations de communication authentique.
Et pour conclure, d’une manière plus générale sur l’E.A.O., reprenons cette citation de « l’Observatoire national de la lecture » (Lecture, informatique et nouveaux médias, 1997). « L’enfant personnalise l’objet inanimé qu’est l’ordinateur qui devient un complice exigeant mais amical et patient, qui lui parle en privé. Cette tranquillité d’esprit et ce sentiment d’être personnellement considéré l’encouragent à entrer dans des actes de lecture, même arides, où il s’investit davantage que dans une situation publique de classe. On peut avancer l’hypothèse que cette composante est aussi déterminante pour les apprentissages que la pertinence des exercices et de leur mise en œuvre (p.11) ».
Quant à l’avenir de l’E.A.O., nul doute que les progrès qui s’accomplissent en matière de synthèse vocale comme moyen d’appropriation de l’écrit, ne pourront que dynamiser et peaufiner les pratiques d’apprentissage de l’orthographe d’usage.